Une association sœur pour Mososah

Ce mois de juin a vu naître une association déclarée au journal officiel du 1er juin 2013. Dénommée « Mososah France », elle a pour objet le soutien de l’association Mososah (Mouvement de solidarité avec les sans-abri d’Haïti) basée en Haïti et née à la suite du violent séisme du 12 janvier 2010.

Ainsi, il s’agit de sensibiliser à la problématique du logement en Haïti et à l’importance de constructions répondant aux besoins de la population, organiser des manifestations de soutien afin de réunir des fonds, obtenir des partenariats auprès de bailleurs et mécènes, gérer les fonds obtenus pour leur transfert à MOSOSAH Haïti.

Cette association est ouverte à toute personne souhaitant participer de quelque manière que ce soit au projet.
La cotisation est de 10 euros par an.
L’ Assemblée Générale se réunira tous les ans au mois d’avril.

Un compte rendu annuel sur les actions de Mososah France sera publié sur le blog de Mososah

Le bureau compte sur la créativité et les compétences de chacun pour donner à Mososah France tout son sens.

Le conseil d’administration est composé de 6 personnes, membres du bureau:

Présidente: Julie Rozé
Vice-présidente: Tatiana Ramos de Lima
Trésorier: Jean-Paul Mignot
Trésorier adjoint: Sandra Mignot
Secrétaire: Carole Perron
Secrétaire adjoint: Sandra Dao

Présentation des membres du bureau:

Julie Rozé, je suis professeur de musique et ancienne volontaire en Haïti (au titre de chargée de développement/ professeur de piano pour l’école de musique Dessaix-Baptiste de Jacmel). J’y ai vécu deux ans de 2009 à 2011. Je souhaite à présent m’investir dans des actions intelligentes de développement pour ce pays.

Tatiana Ramos de Lima, je suis brésilienne vivant en France depuis bientôt six ans. Psychologue, formée en sociologie de la santé, j’ai très envie de connaître Haïti depuis que j’entends Sandra et Joël en parler. J’aimerais avoir un jour l’opportunité de visiter le pays, voire d’y travailler. En attendant, j’ai choisi de soutenir le projet de Mososah.

Jean-Paul Mignot, Je suis le père de Sandra, à l’initiative du projet d’Observatoire du logement (un des nombreux axes de travail de Mososah) qui est en train de voir le jour en Haïti grâce aux généreux donateurs. Je suis cadre commercial, retraité. Je suis arrivé à Mososah France comme donateur (avec mon épouse). Je souhaite que cette association se développe vite et c’est pourquoi j’ai accepté d’en être le trésorier. Merci de votre confiance

Sandra Mignot, je suis journaliste, spécialisée dans le secteur santé/social. Je voyage pour des reportages en Haïti depuis 1999. Et je coordonne le projet d’Observatoire haïtien du logement, projet co-écrit avec Mososah.

Carole Perron, je suis infirmière puéricultrice.
L’adoption de mes enfants en Haïti m’a permis de découvrir et d’apprécier ce pays. Ainsi, je participe depuis plusieurs années via un orphelinat à un programme de scolarisation d’enfants.
Souhaitant soutenir l’action de Mososah en Haïti, et en particulier le volet accession au logement, c’est tout naturellement que je rejoins Mososah France.

Sandra Dao, je suis fraîchement diplômée d’un Master en gestion de projets et évaluation des politiques publiques dans les pays en développement. Je me suis rendue en Haïti en 2012 pour faire une étude sur la « Lutte contre les violences faites aux femmes, avant et après le séisme du 12 janvier 2010 » et je souhaite continuer à réfléchir sur le développement de Haïti.

Pour nous joindre : mososahfrance@gmail.com

Télécharger votre bulletin d’adhésion ici

Lettre ouverte à Evans Paul, Premier Ministre de la République

Port-au-Prince, ce 2 mars 2015

 

Monsieur le Premier Ministre,

Lors d’une visite de routine au village Lumane Casimir, le projet phare de l’administration Martelly-Lamothe en matière de construction de logements après le séisme meurtrier du 12 janvier 2010, l’équipe de l’Observatoire du logement en Haïti a recueilli des témoignages accablants concernant la gestion de ce site et le respect des droits élémentaires de certains résidents.
Le résultat de notre enquête a été publié sur notre site internet puis repris entre autres par le quotidien national Le Nouvelliste, dans son édition papier du 5 février 2015 ainsi que sur son propre site. Nous sommes donc en droit de penser que vous en avez pris connaissance. D’autant qu’Amnesty International avait également évoqué la situation dans un rapport publié antérieurement.

Pour mémoire, cependant, nous y signalions les faits suivants :
– absence de bail remis aux locataires
– rétention d’un double des clefs par l’unité gestionnaire
– manque de clarté quant au montant du loyer requis auprès de chaque famille
– violences à l’égard des habitants manifestant sur le site pour l’amélioration de leurs conditions de logement.

Sur ce dernier point, nous avons rencontré Fenel Clotaire et Johnny Dauphinay. Ces deux habitants de Lumane Casimir ont été arrêté le 30 juin, sans mandat d’amener, sur l’ordre notoire du directeur de l’UCLBP, juste avant l’organisation d’une manifestation pacifique et démocratique.

Mr Clotaire a passé 7 mois en prison, avant d’être libéré par une ordonnance de non-lieu en janvier dernier. Mr Dauphinay, a, lui, été libéré en août (avant de bénéficier de la même ordonnance de non-lieu) pour raison de santé : il a en effet été victime d’un tir par arme à feu, au sein même de la prison de Croix-des-Bouquets, lors de la fameuse « évasion » d’août 2014. Depuis lors, et malgré cinq interventions chirurgicales, il n’a toujours pas recouvré l’usage de sa jambe.

Les familles de ces deux citoyens (qui dans l’intervalle ont également perdu leur emploi) ont été expulsées de leur logement et ont dépensé toutes leurs économies pour obtenir leur libération de prison. Elles sont aujourd’hui à la rue. Parmi eux des enfants en bas âge, et une mère handicapée, à qui le secrétaire d’Etat aux personnes handicapées avait attribué le logement qui abritait Johnny Dauphinay. Une troisième famille, celle d’un aveugle, que nous n’avons pu localiser, aurait également été expulsée suite à l’expression de revendications sur les ondes radiophoniques.

Nous ne pouvons accepter qu’un tel sort soit réservé à des familles, victimes du séisme et qui, comme toutes les familles haïtiennes, luttent chaque jour pour nourrir et protéger leurs enfants, travaillent durement à l’amélioration de leurs conditions de vie et se mobilisent pour revendiquer le respect de leurs droits.

L’UCLBP, gestionnaire du site Lumane Casimir étant directement rattachée à la Primature, nous vous demandons instamment :
– de faire cesser ces méthodes inhumaines et non respectueuses du droit auquel Haïti a souscrit au travers de sa constitution et de diverses conventions internationales.
– qu’une solution soit trouvée pour le relogement de ces familles jetées sur le pavé par une institution d’Etat et qu’une compensation financière leur soit attribuée pour réparation des préjudices subis.

Ici nous nous adressons autant au Premier Ministre qu’à l’homme politique qui a connu la prison et la torture sous les régimes autoritaires passés afin de vous demander le rétablissement des familles Clotaire, Dauphinay et de tout autre famille victime de ces mauvais agissements dans leurs droits.

Par ailleurs, nous souhaitons ardemment que toute la lumière soit faite sur le village Lumane Casimir, tant sur sa construction par la firme dominicaine HADOM, que sur sa gestion par l’UCLBP, via un audit non partisan.

Nous vous demandons enfin de faire diligence pour qu’une gestion plus adaptée à la situation des habitants du village, en grande majorité victimes du séisme, soit mise en place le plus rapidement possible.

Monsieur le Premier Ministre, nous attendons de vous des réponses urgentes. Nous nous tenons à votre disposition pour toute discussion se rapportant au logement ainsi qu’à la situation particulière des familles évoquées plus haut et nous profitons de l’occasion pour vous souhaiter tous nos vœux de succès, dans l’intérêt et uniquement dans l’intérêt de la nation haïtienne.

Patriotiquement vôtre

Joël Jean-Baptiste
Secrétaire Général de MOSOSAH, association porteuse du projet Observatoire du logement en Haïti

 

[Télécharger et faire circuler notre lettre ouverte a Evans Paul]

L’Observatoire du logement est en ligne

Mososah a annoncé le 16 août dernier le lancement de l’Observatoire du logement en Haïti. Notre projet vise à informer sur la situation du logement, via la production d’articles d’actualité et d’investigation, la publication de documents de réflexion et de recherche, la rédaction d’un rapport annuel et la constitution d’un réseau d’organisations haïtiennes concernées par la problématique du logement.

Illustration accueil site

Vous avez été nombreux à soutenir les premiers pas de ce projet. Nous remercions tous ceux qui ont participé et encouragé cette collecte (notamment l’entreprise Terra Cités), ainsi que l’association Mososah-France qui s’est constituée pour soutenir l’action de Mososah. Nous sommes également reconnaissants envers les nombreuses organisations haïtiennes rencontrées préalablement et qui ont généreusement prodigué leurs conseils.

Pour ce lancement, nous mettons à votre disposition le résultat de notre enquête sur le projet Ekam à Caracol, accompagné du plaidoyer rédigé par Jean-Marie Théodat, le président de l’université de Limonade, voisine du site, qui aimerait qu’une partie des logements soit allouée à ses étudiants. Notre éditorial s’interroge par ailleurs sur l’existence d’une politique nationale du logement en Haïti. Enfin notre revue de presse en ligne, diffusée simultanément sur notre site et notre page Facebook, est mise à jour quotidiennement.

Tous nos articles, rédigés par des journalistes, par notre équipe de coordination ou en partenariat avec d’autres associations haïtiennes, peuvent être repris gratuitement, à la condition expresse de citer l’Observatoire du logement en Haïti. En revanche, les documents de la rubrique Réflexion relèvent de la propriété intellectuelle de leur auteur, seul autorisé à en céder les droits.

Notre ambition est grande : peser sur l’évolution d’un secteur où les choix sont trop souvent arbitrés par les seuls moyens et idées de la communauté internationale, alors que nous pensons que le citoyen haïtien est le mieux à même de définir ses besoins et les conditions nécessaires à son bien-être. Comme beaucoup d’observateurs l’ont fait remarquer : il est urgent de réfléchir sur la notion même de logement décent, sur l’occupation du territoire et sur son urbanisation, afin d’enrayer le cycle meurtrier des catastrophes et d’éviter que se développe, autour de chaque nouveau projet de lotissement, une zone de bidonville.

L’Observatoire du logement en Haïti souhaite donc être cet aiguillon qui permettra de mettre en évidence les errements, voire les erreurs, de certains programmes, et d’éviter de les reproduire. Nous voulons également montrer ce qui fonctionne, porter la voix et le témoignage des familles haïtiennes en besoin de logement, répertorier les actions menées par le Gouvernement, l’administration haïtienne, les ONG, les organisations internationales, etc.

La tâche est vaste et nous ne sommes qu’au début de notre action. Nous comptons sur le concours de chacun de nos lecteurs et de toutes les organisations concernées par cette thématique pour nous soutenir, nous proposer des sujets d’investigation ou de réflexion. Les pages de notre site sont également ouvertes aux associations concernées par le logement, aux experts, chercheurs, citoyens désireux de transmettre leurs points de vue et leurs analyses. Ensemble nous serons plus efficaces dans l’analyse des faiblesses et des forces de ce secteur, ce qui permettra de soutenir et orienter l’action des décideurs, afin de faire de meilleurs choix pour Haïti.

Collecte réussie !

Mososah a le plaisir d’annoncer le succès de son opération de collecte en ligne en faveur de la création d’un Observatoire haïtien du logement. Notre association est parvenue à réunir, via la plateforme de crowdfunding KissKissBankBank, les 12 000 € qui représentaient son premier objectif.

Nous remercions chaleureusement les 118 donateurs qui nous ont accordé leur confiance, ainsi que tous ceux qui ont manifesté leur soutien au cours de cette campagne : amis, associations, entreprises, ONG…

Notre recherche de financement se poursuit par ailleurs. Les dons individuels restent les bienvenus via le bouton Paypal qui équipe désormais notre blog. En France, l’association Mososah France, dont nous saluons la naissance ces derniers jours, sera très prochainement habilitée à recevoir des chèques pour aider au développement de notre projet.

Le chemin reste long et difficile, nous travaillons dans l’objectif de mettre en ligne nos premières publications au cours de l’été. Pour rappel, l’Observatoire haïtien du logement s’est fixé pour objectifs spécifiques de :

–          collecter, traiter et publier l’information autour de la thématique du logement en Haïti via un réseau de journalistes et de rédacteurs.

–          élaborer un rapport annuel sur la thématique du logement, centré sur les priorités documentées tout au long de l’année et proposer des recommandations.

–          construire à terme un réseau d’organisations et d’acteurs intéressés par la problématique du logement et désireux de faire remonter et médiatiser tant leurs difficultés locales que les solutions qu’ils mettent en place.

MOSOSAH, association haïtienne créée dans les suites du tremblement de terre du 12 janvier 2010 poursuit par ailleurs son action de long terme dans le secteur de l’habitat : lobbying pour l’adoption par l’Etat haïtien d’un plan national de logement, sensibilisation de la population à la problématique du logement pour tous et du logement sûr et décent, création d’un réseau national de coopératives de logement, capables d’accompagner efficacement les familles dans l’accession a la propriété nouvelle, dans la réparation et l’agrandissement des maisons et immeubles endommagés par le séisme.

Plus de 2 ans après sa publication, notre manifeste fondateur n’a pas vieilli d’une ride. Nous nous réjouissons du fait que, sous des vocables proches, l’idée d’un Plan national de logement fasse son chemin. Certains membres de l’exécutif et du législatif, des institutions internationales, des ONG, la société civile, en parlent désormais comme d’un objectif incontournable.

Main dans la main, ensemble dans le respect de la dignité de tout un chacun, nous ferons œuvre utile.

Sauvés pour servir, Ansan’m nap konstwi yon lòt Ayiti

Joël Jean-Baptiste et Sandra Mignot à propos de l’Observatoire haïtien du logement

Une interview par Thierry Bourdin, du Réseau humanitaire francophone.

Soutenez l’Observatoire haïtien du logement

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Mososah a lancé une collecte en ligne pour soutenir le lancement de l’Observatoire haïtien du logement. Cet ambitieux projet vise à produire, collecter, réunir et analyser toute l’information relative à l’habitat et à l’urbanisme en Haïti.

En effet, développement des bidonvilles, multiplication des abris temporaires, persistance des camps de déplacés mais aussi propriétaires qui ne trouvent pas les moyens de reconstruire leur maison, en Haïti, malgré les milliards promis par l’aide internationale, accéder à un habitat décent reste un rêve pour la majorité des familles. Avec l’Observatoire haïtien du logement MOSOSAH entend contribuer à l’élaboration de stratégies cohérentes et de solutions concrètes. Ce travail d’investigation et d’analyse permettra de porter un regard critique sur l’ensemble de la problématique, de développer notre expertise locale et de contribuer à faire exister le citoyen haïtien dans un débat qui se déroule le plus souvent entre les grands bailleurs de fonds et les organisations internationales.

L’Observatoire haïtien du logement s’est fixé pour objectifs spécifiques de :
– collecter, traiter et publier l’information autour de la thématique du logement en Haïti via un réseau de journalistes et de rédacteurs. Observer ce qui se fait de bon et de moins bon, recueillir les témoignages des Haïtiens, recenser tous les projets en cours…
– élaborer un rapport annuel sur la thématique du logement centré sur les priorités documentées tout au long de l’année et proposer des recommandations. Ce document permettra d’analyser les difficultés rencontrées et les facteurs de succès, d’évaluer les progrès, de signaler les échecs, de décrire les grandes tendances et d’attirer l’attention sur les urgences.
– construire à terme un réseau d’organisations et d’acteurs intéressés par la problématique du logement et désireux de faire remonter et médiatiser tant leurs difficultés locales que les solutions qu’ils mettent en place.

Pour lancer cet observatoire, nous avons besoin de votre soutien. Faites un don via Paypal

Quelques chiffres à propos du logement en Haïti

La population Haïtienne était estimée en 2012 à 10,4 millions, avec un taux d’accroissement annuel dans les années 90 de 2,8 %.

Avant le tremblement de terre de 2010, on estimait le manque de logements à 200 000.
Le nombre d’habitations détruites par le séisme reste difficile à évaluer, les estimations varient entre 100 000 et 200 000. C’est donc, au bas mot, 300 000 logements qui font actuellement défaut dans la capitale haïtienne.
Compte-tenu de l’évolution démographique, Mososah estime les besoins à l’horizon 2025 à 1 000 000 de logements.

Les villes haïtiennes accueillaient en 2003 environ 40 % de la population totale. Au cours des années 80/90, la population urbaine a cru au rythme annuel moyen de 5,8 %.

30,0 % des logements ne disposent pas de lieux d’aisance.
Des 70,0 % qui en disposent, la moitié se trouvent en milieu urbain et 5,0 % seulement de ces logements ont un W.C. intérieur.
Seuls 8,5 % des logements sont connectés à l’eau.

Les matériaux utilisés dans la construction des bâtiments sont essentiellement ciment/bloc et la terre. En milieu rural, le matériau « terre » (33,4 %) est le plus utilisé tandis qu’en milieu urbain, le matériau «ciment/bloc » (78,7 %) est le plus important. La toiture des bâtiments est généralement en tôle (69,2 %).

En juillet 2013, 278 945 individus vivent encore dans des camps de personnes déplacées. Plus de 110 000 abris temporaires ont été distribués depuis le tremblement de terre de 2010. Compte-tenu de la taille moyenne des familles haïtiennes ce sont donc au moins 517 000 personnes qui habitent ces logements de fortune(Données OIM).

L’essentiel de ces données sont issues des travaux de l’IHSI

Mososah présente l’Observatoire haïtien du logement

Joël Jean-Baptiste, secrétaire général de Mososah vous explique pourquoi nous jugeons nécessaire la création d’un observatoire indépendant du logement en Haïti.

Assistance mortelle, ou la faillite de l’aide internationale en Haïti

« Mon film parle de désorganisation et de poker menteur. Les grands bailleurs, les Etats, les institutions financières internationales, les ONG sont isolés dans leur bulle, loin des Haïtiens. Chacun veut être libre de gérer l’argent qu’on lui donne. » Tel est le tableau dépeint par Raoul Peck dans son dernier documentaire d’investigation, diffusé ce soir sur Arte. Le grand branle-bas de combat des ONG, le débarquement des militaires américains, le déploiement des matériels et approvisionnements les plus variées… Dans les jours qui ont suivi le tremblement de terre du 12 janvier 2010 en Haïti, on a pensé que le monde entier accourrait au chevet du pays. Une aide inconditionnelle était promise pour reconstruire qui se chiffre en milliards de dollars.

« Mais rapidement, on s’est aperçu que les Haïtiens ne pouvaient pas agir à hauteur de leur compétence, se souvient Raoul Peck arrivé dans les jours qui ont suivi la catastrophe. On gênait presque. Et en même temps, nous vivions un grand moment de solidarité nationale. Entre dépression latente et sentiment d’incapacité, j’ai voulu faire ce que je sais faire , c’est-à-dire un film. » Durant deux ans, son équipe se relaie pour filmer la reconstruction promise, de l’intérieur. « En tant qu’ancien ministre, j’ai eu accès à toutes les coulisses, précise le réalisateur. » Réunions entre experts internationaux, interventions des ONG et interrogations des cadres Haïtiens, le film montre comment s’est construite une forme de bulle humanitaire, à la fois coûteuse et inefficace qui aboutit au désastre actuel : une reconstruction qui, trois ans après n’a toujours pas commencé, malgré tout l’argent promis.

Il montre aussi comment les acteurs de cette non reconstruction balancent entre la prise de conscience d’un échec imminent et la fidélité à leur « mission », entre l’obligation de rendre des compte aux bailleurs, ceux par qui les financements aux ONG ont été brusquement multipliés, et l’impact réel de leur intervention. L’image de ce jeune gestionnaire de camps qui organise une réunion avec des personnes déplacées à la veille du départ de son organisation, leur expliquant qu’il ne les abandonne puisqu’il leur laisse un outil fantastique, le classeur renfermant le manuel de gestion du camps, est édifiante. « Même si tous ne sont pas à mettre dans le même panier et que je connais nombre d’humanitaires qui ont démissionné pour ne plus avoir à participer de ce gâchis, souligne Raoul Peck. »

Une large parole est laissée aux représentants du gouvernement Haïtien, si souvent accusé de corruption qu’il est ici totalement contourné par le dispositif mis en place par la communauté internationale pour le relèvement du pays.

L’investigation est parcourue par une voix off qui évoque une correspondance entre le réalisateur et l’un de ces experts internationaux partis pour relever Haïti. On y entend le désespoir et l’impuissance du premier qui renvoie en écho aux doutes et aux errements de l’autre. « Et en même temps, je pense qu’Haïti c’est un exemple de ce qui se passe aussi ailleurs sur d’autres lieux de catastrophe, conclut Raoul Peck. Ce n’est pas seulement pour le pays que j’ai voulu faire ce film, mais aussi pour tous ceux qui vont venir après.« Car comme le souligne Jean-Max Bellerive, premier Ministre, à la fin du film : « Si la communauté internationale n’arrive pas à reconstruire Haïti, que fera-t-elle ailleurs ?»

Sandra Mignot pour Mososah

 

Assistance mortelle, diffusé le 16 avril sur Arte. Rediffusion durant les 7 jours suivants http://videos.arte.tv/fr/videos/assistance-mortelle–7455884.html

Les associations haïtiennes peuvent également obtenir le film gratuitement pour l’organisation de projection et de débats publics.

Mososah needs your help to fund the Haiti housing watch

Slum development, multiplication of temporary shelters, persistence of IDP camps but also owners who can not find the means to rebuild their homes in Haiti, despite the billions pledged by international aid, access to decent housing remains a dream for the majority of families.

To contribute to the development of coherent strategies and practical solutions Mososah aims to create an housing Haitian observatory . This is not  a new humanitarian action, but investigative work and innovative analysis that will be critical to the overall problem, will help develop local expertise and will put the Haitian citizen inside the debate that takes place most often only between major donors and international organizations.

Thus, the housing observatory that we are asking you to support has set specific objectives :

– collect, process and publish information on the theme of housing in Haiti through a network of journalists and editors. Observe what is good and less good, collect the testimonies of Haitians, identify all ongoing projects and their caracteristics…

– prepare an annual report on the issue of housing centered on the priorities documented throughout the year and offer recommendations. This paper will analyze the challenges and success factors, to assess progress, to report failures, describing broad trends and draw attention to emergencies.

– eventually build a network of organizations and stakeholders involved  the housing sector and willing to share and publicize both their local difficulties and the solutions they implement.

To contribute you can donate via Paypal

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If you are interested in making cash donations, please call Stephanie Moraille at 678-557-3500 and she will set up an arrangement to either pick it up or have you deposit it. The Morfiss foundation is our partner both in the US and in Haiti and they serve as our fiscal agent to receive donations here. Therefore you can make a donation to Mososah through MorFiss and your donation will still be tax deductible. You can also mail your checks payable to Morfiss to 2103 Millgate lane buford ga 30519. Please specify your name, address, email adress and telephone number so that we may acknowledge the donation once received and we will update the online donating system.