Mososah a besoin de votre aide pour lancer l’Observatoire haïtien du logement

Développement des bidonvilles, multiplication des abris temporaires, persistance des camps de déplacés mais aussi propriétaires qui ne trouvent pas les moyens de reconstruire leur maison, en Haïti, malgré les milliards promis par l’aide internationale, accéder à un habitat décent reste un rêve pour la majorité des familles.

Pour contribuer à l’élaboration de stratégies cohérentes et de solutions concrètes, Mososah souhaite créer un Observatoire haïtien du logement. Il ne s’agit pas là d’une nouvelle action humanitaire, mais d’un travail d’investigation et d’analyse innovant qui permettra de porter un regard critique sur l’ensemble de la problématique, de développer notre expertise locale et de contribuer à faire exister le citoyen haïtien dans un débat qui se déroule le plus souvent entre les grands bailleurs de fonds et les organisations internationales.

Ainsi, l’Observatoire haïtien du logement que nous vous demandons ici de soutenir s’est fixé pour objectifs spécifiques de :
– collecter, traiter et publier l’information autour de la thématique du logement en Haïti via un réseau de journalistes et de rédacteurs. Observer ce qui se fait de bon et de moins bon, recueillir les témoignages des Haïtiens, recenser tous les projets en cours…
– élaborer un rapport annuel sur la thématique du logement centré sur les priorités documentées tout au long de l’année et proposer des recommandations. Ce document permettra d’analyser les difficultés rencontrées et les facteurs de succès, d’évaluer les progrès, de signaler les échecs, de décrire les grandes tendances et d’attirer l’attention sur les urgences.
– construire à terme un réseau d’organisations et d’acteurs intéressés par la problématique du logement et désireux de faire remonter et médiatiser tant leurs difficultés locales que les solutions qu’ils mettent en place.

Pour soutenir notre projet, vous pouvez faire un don :

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Three years after

Three years have passed since the devastating earthquake at 4:53 pm on January 12, 2010 when hundreds of thousands died and some 200,000 houses were destroyed. A country was reduced to its knees, its political, administrative and economic center in ruins and millions of people living in the streets, in tents, in public squares and in back-yards.

Today MOSOSAH remembers all those who perished under the rubble of their houses and offices, those who did not get the proper burial they deserved and those who were officially forgotten. We do not forget either all the families still living in makeshift huts and those who went to swell the population of the shanty-towns where 80% of Port-au-Prince lives.

MOSOSAH stresses the urgent need for a serious housing policy in Haiti, the publication of the national construction regulations the government has been considering for the past few years and the organization of a national housing conference involving all interested parties in the private and public sectors.

The tragedy brought an outpouring of life-saving international aid, including tents, temporary shelters, water, food, and medical care. Haiti became a huge focus of humanitarian relief with most of the world’s international NGOs present. But most reports and articles about the results of this aid say the money has been poorly used and little long-term development progress made.

Many of these NGOs have now packed their bags, after spending too much time and money on just emergency aid. The cost of living in the capital has risen to the level of major Western cities, but without public services and infrastructure. So many conferences, projects and promises have come to nothing. Little trace can be seen of the $10 billion in aid pledged by the international community, which has been absorbed by administrative costs imposed or is still lying unused in international organizations bank accounts. Moreover, we have to deal with cholera spread by one of the contingents of the United Nations forces in the country, MINUSTAH.

We must now take control of our future. Each neighborhood, community, city, province, everyone using their abilities to the full, must regain the true spirit of solidarity seen in the first days and months after the earthquake. We have so many skills of all kinds and with determination and unity we can use them to the very best effect. These skills must not be lost through emigration, we can use them here to produce long-term development. This would be the best way to honor those who have died and who we so badly miss.

Sauvés pour servir, Ansan’m nap konstwi yon lòt Ayiti

Haïti, trois ans après

Trois années ont passé, depuis ce fameux 12 janvier 4h53… Des centaines de milliers de morts. Près de 200 000 foyers détruits. Un pays à genoux avec sa capitale politique, son centre administratif et économique durablement bouleversé, des millions de gens dans les rues, sous les tentes, dans des abris de fortune, sur les places publiques, dans les arrière-cours…

En ce jour de commémoration, Mososah n’oublie aucun de ceux qui ont péri sous les décombres de leurs maisons ou de leurs bureaux, ceux qui n’ont pas eu la sépulture qu’ils méritaient et ceux dont les noms ne sont même gravés nulle part, en souvenir. Nous n’oublions pas non plus les centaines de milliers de familles qui vivent toujours dans des abris de fortune ou sont allées grossir la population des bidonvilles qui représenterait près de 80 % de la population de Port-au-Prince.

Mososah tient à rappeler l’urgence pour Haïti de mettre en œuvre une véritable politique nationale du Logement. Nous demandons également que le Code de la construction, en chantier depuis des années, soit enfin publié, et qu’une conférence nationale sur le Logement soit organisée avec tous les acteurs haïtiens du secteur.

Car, que s’est-il passé depuis ce 12 janvier 2010 ? L’assistance humanitaire a afflué de partout offrant soins, tentes, eau, nourriture, shelters et permettant de sauver de nombreuses vies. Haïti est devenu le centre mondial de l’humanitaire et a battu largement le record d’ONG au mètre carré. Mais les rapports et articles publiés sur l’utilisation et l’efficacité de cette aide globale sont tous plus accablants les uns que les autres. Le pays ne s’est toujours pas relevé.

Désormais, une grande partie des ONG sont parties, après avoir investi trop longtemps dans les programmes d’urgence. Le coût de la vie dans la capitale atteint celui des métropoles occidentales alors qu’aucun service public n’y est assuré. Tant de conférences, projets, promesses, engagements ont été brandis qui sont restés lettre morte. Sur le terrain, peu de traces des 10 milliards de dollars initialement promis par la communauté internationale, qu’ils dorment sur des comptes en banques ou aient été absorbés par les frais liés à l’omniprésence des organisations internationales. Il nous faut même désormais faire avec les conséquences d’une maladie importée par l’un des contingents de la Minustah, le choléra.

Il est plus que temps que notre population reprenne en main son destin. Dans chaque quartier, chaque communauté, chaque ville, chaque département, chacun à notre niveau, il est urgent de retrouver cet esprit de solidarité qui a tant fait dans les jours qui ont suivi le tremblement de terre du 12 janvier 2010. Des compétences sont présentes dans le pays, des volontés aussi, ne les laissons pas fuir vers l’étranger, mettons-les au service de notre développement. Comme un hommage à ceux qui nous manquent si cruellement.

Sauvés pour servir, Ansan’m nap konstwi yon lòt Ayiti

Bonne année 2013

Un grand merci à tous ceux qui nous ont lus, écoutés, encouragés, supportés.
Le combat continue, toujours dans l’intérêt de la communauté haïtienne. Nous comptons encore sur vous pour qu’enfin en 2013, nous débouchions sur des résultats concrets indiscutables pour tous et qu’enfin nous puissions aider des familles à mieux se loger.
Bonne année

Joël Jean-Baptiste
Secrétaire Général

Voeux3

Qui sommes-nous ?

Mososah réunit des individus, citoyens haïtiens ou amis d’Haïti, émanant de tous les secteurs de la société civile, de tous les milieux sociaux, pour certains urbanistes, ingénieurs, architectes, pour d’autres sans aucun rapport avec les métiers du bâtiment. Pour quelques-uns propriétaires d’un domicile, pour d’autres, sans-abri ou mal logés. A travers Mososah, rassemblement libre de toute affiliation politique, nous avons souhaité réfléchir ensemble aux moyens qui pourraient nous permettre de bâtir une nouvelle Haïti, dès le lendemain du séisme.

Notre bureau est actuellement composé de :

Joël Jean-Baptiste, Secrétaire général
Il a géré des projets dans les domaines de l’agriculture, de la pêche, de captages de sources d’eau potable, d’éducation, de citernes de récupération d’eau de pluie etc. Cadre de l’administration publique , il a été coordonnateur de la fête du Tricentenaire de la ville de Jacmel, conseiller spécial du maire de Jacmel et du Plan de développement du tourisme du département du Sud-est puis directeur de cabinet du ministre de la Justice et de la Sécurité Publique. Il est également actionnaire-fondateur d’une société de génie civil.

Jacques Amand, Trésorier
Chargé de mission au cabinet du directeur général du ministère de la Communication, il a également travaillé dans le secteur de la santé. Il a vécu et travaillé 10 ans aux Etats-Unis comme auxiliaire-infirmier. il est rentré au pays à la veille du tremblement de terre du 12 janvier 2010, pour finalement décider de s’y réinstaller définitivement afin d’aider et de s’engager dans la lutte pour la reconstruction d’Haïti et la construction de l’homme haïtien.

Frantz Deus, Conseiller principal
Enseignant et travailleur social, il partage son temps entre les écoles secondaires de la capitale et l’accompagnement social des plus démunis. Il est souvent appelé comme consultant, par les ONG qui souhaitent travailler dans les quartiers défavorisés.


Pour nous contacter :

MOSOSAH – Mouvement de solidarité avec les sans-abri d’Haïti
40, rue d’Orléans – Jacmel, Haïti

(+ 509) 3799 5053

mososah@gmail.com

Sandy sème le deuil et la destruction

Une tempête sème à nouveau le deuil en Haïti. A Grand-Goâve, une mère et ses quatre enfants ont péri dans l’effondrement de leur maison. A Carrefour, un homme est mort dans les mêmes circonstances. A Fonds-Verrettes, un autre, handicapé, s’est noyé dans l’inondation de son logement. Au total et à ce jour, 54 personnes ont perdu la vie et 21 sont portées disparues, selon la Protection civile haïtienne. L’office de coordination des affaires humanitaires des Nations Unies estime également que 15 000 à 20 000 foyers ont été complètement détruits, endommagés ou inondés. Et l’on craint que ce bilan dramatique ne s’alourdisse encore. Il y a tout juste deux mois, Isaac, déjà, avait provoqué 24 décès, 3 disparitions et la destruction de plus d’un millier de foyers. Mososah tient à présenter ses condoléances à toutes les familles endeuillées.

Les deux perturbations sont pourtant passées au large d’Haïti. Que se serait-il produit si le pays s’était trouvé en plein cœur de leur trajectoire ? Qu’attend l’Etat pour protéger réellement ses citoyens ? Car ces destructions sont incontestablement le résultat de la dégradation continue de l’environnement haïtien, d’une urbanisation incontrôlée et de l’absence d’encadrement du secteur de la construction.

Depuis le 12 janvier 2010, Mososah milite pour qu’une réelle politique de l’habitat soit mise en place en Haïti. Près de 3 ans après cette catastrophe, et alors que chaque année tempêtes tropicales et cyclones se succèdent, beaucoup trop d’Haïtiens sont encore victimes du mal-logement qu’ils survivent sous des tentes, dans des bidonvilles, des abris temporaires ou toute zone à risque. Cette situation a des conséquences sur leur santé, leur sécurité physique, l’éducation des enfants, la dignité des familles.

L’Etat doit se mobiliser sur cette problématique. Il ne suffit pas de préparer des abris d’urgence et de distribuer des kits ou des aides alimentaires une fois la catastrophe passée. Mososah en appelle à l’administration publique, au Gouvernement, aux élus. Tous doivent concentrer leurs forces afin d’élaborer un plan d’aménagement du territoire incluant un plan national de logement. Enfin, le reboisement et la préservation de l’environnement, qui permettront de réduire considérablement l’impact des intempéries, doivent figurer au premier rang des priorités.

Ensemble, concilions nos efforts afin de rendre Haïti plus forte, plus à même de faire face à toutes les catastrophes naturelles à venir.

Pour en savoir plus, n’hésitez pas à contacter Mososah au (509) 3799-5053 ou à l’adresse : mososah@gmail.com.

Sauvés pour servir, Ansan’m nap konstwi yon lòt Ayiti

Isaac a tué et détruit plus d’un millier de logements

Au 27 août, le bilan partiel dressé par la Protection civile nationale d’Haïti fait état de 24 morts, 3 disparus et 42 blessés. Sur l’ensemble du pays, 8189 familles sont déclarées sinistrées, 6040 maisons endommagées, 1144 inondées et 1005 détruites… 15812 personnes ont été évacuées et 7753 d’entre elles sont encore dans 62 abris provisoires.

Le département de l’Ouest compte le plus grand nombre de pertes humaines (10 morts). Au moins 662 maisons ont été déduites, 2986 ont été endommagées et 3648 familles sont sinistrées.

Le Sud-est est également très touché avec 6 morts, 1 disparu et 15 blessés. Dans ce département, au moins 4190 personnes ont été évacuées et installées en abri provisoire, 2169 familles sont sinistrées. 259 maisons ont été inondées, 228 sont détruites et 1682 sont endommagées.

Dans le département de l’Ouest, 165 camps ont été affectés par la tempête, détruisant l’abri de 13 888 ménages.

Source : Alterpresse et le Centre des opérations d’urgence national.

Des abris plutôt que des maisons

Le CERFAS s’intéresse à la problématique du relogement

 

Trop d’abris temporaires, très coûteux, et pas assez d’investissement dans la réparation des domiciles endommagés ou la construction de nouveaux logements. Telles sont les conclusions que l’on peut extraire du bulletin de juin 2012 du CERFAS, consacré à la reconstruction et au relogement après le 12 janvier 2010. Le centre de recherche, de réflexion, de formation et d’action sociale a été lancé en juin 2011, à Port-au-Prince, par la Compagnie de Jésus dans le but de “susciter la réflexion et l’action dans le sens d’une transformation de la réalité sociale”. Son travail est fondé sur l’analyse des données fournies pars les organisations internationales, le Gouvernement haïtien, la littérature scientifique, les ONG haïtiennes et la presse nationale.

Le rapport du CERFAS note que priorité a été donnée au relogement des locataires. Pourtant, moins de 20 % des familles ayant quitté les camps ont pu bénéficier d’un relogement temporaire ou permanent… Et seules 5 % d’entre elles ont bénéficié d’une subvention au loyer. Ce dispositif s’avère en outre une option limitée dans le temps qui se heurte au manque de logements disponibles à la location dans la capitale haïtienne. Côté propriétaires, seuls 20 % des financements alloués au secteur du logement depuis le séisme ont été attribués à des projets de réparation/reconstruction de maisons et à ce jour, 12 % des maisons réparables ont fait l’objet de travaux de consolidation.

Le CERFAS s’inquiète également de la dispersion et du manque de coordination des différents projets, chaque agence définissant ses propres critères d’accès aux solutions proposées. Ses chercheurs craignent la permanence des abris d’urgence et estiment que 311 000 familles resteront sans logement et abrités dans les camps déjà identifiés à la fin 2012.

Télécharger le bulletin du CERFAS

Haïti : Vers la formalisation d’un espace d’économie sociale

P-au-P, 12 juil. 2012 [AlterPresse] — L’Association nationale des caisses populaires haïtiennes (Anacaph) et le Conseil national de financement populaire (Knfp) ont annoncé cette semaine la mise en place d’un « espace d’économie sociale ». Cet espace a été créé à partir de l’atelier de réflexion des 10 et 11 juillet, organisé par les deux associations conjointement avec l’Association nationale des institutions de microfinance d’Haïti (Animh) et le Forum latino-américain et caribéen pour le financement rural (Forolacfr).

L’égalité, l’équité et la solidarité font partie des fondements idéologiques de l’économie sociale, qui constitue un troisième secteur, aux cotés du privé et du public, a expliqué Lionel Fleuristin du Knfp.La rencontre qui a eu lieu en prélude à l’assemblée générale ordinaire annuelle de l’Anacaph et à l’aube des quinze ans des réseaux Anacaph et Knfp, a réuni à Montrouis (Nord) plus d’une centaine de participants venant des diverses régions du pays, du Brésil, du Pérou, de l’Equateur, de la Bolivie et du Mexique.

Le thème débattu était : « Cadre légal et performances sociales : inclusion économique et réduction de la pauvreté en Haïti avec le rôle actif des coopératives financières et de la Microfinance ». Yolène Jacquet de l’Anacaph croit qu’au regard de plusieurs « indicateurs » l’atelier est une réussite en terme de participation et d’échanges. « Grâce au pouvoir de la coopération le Knfp, le Forolac-fr, l’Anacaph, l’Animh ont pu réaliser ce séminaire dont le taux de participation a dépassé largement les espérances. Surtout avec la participation des acteurs étatiques, la publication et diffusion [quasi] immédiates des résultats et des dispositions de suivi », a martelé Jacquet en rappelant que 2012 est l’année internationale des coopératives.

La primature, les ministères de l’économie, de la planification, de l’agriculture et la Banque de la république d’Haïti se sont faits représenter à cette activité et ont tous plaidé pour l’implication effective de tous les acteurs non seulement pour un cadre légal tenant compte des questions de la reconstruction et du développement, mais aussi dans la lutte pour la réduction du chômage et de la pauvreté extrême. « Votre atelier démontre clairement la renaissance avérée de votre mouvement tout comme son besoin de refondation légale », a déclaré Pierre Érold Etienne, directeur général du ministère de l’économie, qui représentait la ministre Marie Carmelle Jean-Marie. Seule la branche coopérative de la microfinance dispose d’un cadre légal depuis juin 2002, a-t-il souligné.

En réponse à la crise caractérisée par la faillite des coopératives offrant 10% d’intérêts sur les épargnes aux sociétaires, l’Etat haïtien et les différents acteurs ont développé un cadre légal pour le secteur qui porte sur le fonctionnement des Coopératives d’épargne et de crédit et des fédérations. A la faveur de la loi du 3 juin2002, la BRH intervient pour le contrôle, le suivi en vue de la protection des épargnes.

Loubert Damus, président du conseil d’administration de la Caisse populaire Espoir de Gros-Morne/Nord (Kpegm en créole) a pointé du doigt « la faiblesse de cette loi émotive de 2002 et les injustices portées par elle contre les coopératives » et loué la participation des coopératives à des réflexions sur le cadre légal. Pour Patrice Denis de la Caisse populaire Sainte Anne de Camp Perrin/Sud (Caposac), la loi sur laquelle travaille actuellement la BRH, ne peut être proposée au parlement « sans l’avis et les recommandations » des acteurs du secteur coopératif et de la microfinance.

Avec une pointe polémique, Eugène Garry de la caisse populaire Fraternité du Cap-Haitien/Nord (CPF) rappelle que « la vocation première des coopératives est sociale et que chaque sociétaire est un propriétaire de l’institution ». Clin d’œil aux autres institutions de microfinance, surtout chez les banques ! Frantz Brinvil, directeur du Conseil national des coopératives (CNC) trouve qu’il est « intéressant que les secteurs coopératif et non-coopératif de la microfinance s’unissent pour réfléchir sur la législation ».

Le premier Ministre Laurent Lamothe, qui s’est fait représenter par Jean Audan Catel a proposé la mise en place d’un « comité » avec lequel il pourrait avoir une rencontre sur le cadre légal actuel et « voir ce qu’on peut soumettre comme proposition de loi au parlement ». Catel a aussi tenu à rappeler que le premier ministre est pour la concurrence de manière à ce que la population puisse « bénéficier de la réduction du taux d’intérêt sur le crédit » sur le marché.

article publié sur Alterpresse, le vendredi 13 juillet 2012

Lancement de la Koperativ Lojman Sidès

Ensemble pour accéder à un logement sûr et de qualité

La coopérative d’épargne, de logement et de crédit aux petites et moyennes entreprises (CEL-CPME) du Sud-Est a été officiellement lancée le dimanche 4 décembre, à Jacmel. Cette initiative, qui émane du Mouvement de Solidarité avec les Sans-Abri d’Haïti, se décrit comme « la première réponse positive et organisée de la société civile haïtienne après la catastrophe du 12 janvier 2010 ». Elle est la première d’un réseau de coopératives départementales que l’association entend développer dans les mois et les années à venir. L’objectif premier : collecter l’épargne des membres (également appelés sociétaires) pour leur donner accès à des emprûnts à taux préférentiel. Ainsi, la CEL-CPME de Jacmel permettra à ses adhérents d’accéder à des crédits-baux immobiliers.

L’initiative plonge ses racines bien avant le 12 janvier, via la prise de conscience d’un petit groupe de citoyens. A Jacmel, il se réunit chaque dimanche, de manière informelle, pour évoquer les problèmes politiques du pays. Tout naturellement, les difficultés croissantes de l’accès au logement surgissent dans les discussions. « Les paysans descendent de façon massive dans les villes en pensant que le travail et la vie y sont plus faciles, souligne Pierre-Guillaume Byron, président de la Koperativ Lojman Sidès, enseignant et employé à la Direction générale des impôts. Certains vendent un morceau de terre pour acheter une moto et faire le taxi en ville. Mais où et comment vont-ils se loger ? » Depuis plusieurs dizaines d’années, cet exode rural se dirige vers les villes, puis les chefs-lieux des départements et enfin Port-au-Prince, pour aboutir dans des logements surpeuplés et des quartiers non adaptés à cet afflux de population. « Nous avions fait ce constat, mais notre petit groupe informel voulait se détacher de la discussion politique pour créer quelque chose de plus social, se souvient Pierre-Guillaume Byron. C’est alors que le 12 janvier est survenu. »
Ces mêmes citoyens tentent dans un premier temps de venir en aide à ceux que la catastrophe a laissé les plus démunis. « Moi, j’ai eu de la chance, explique Joël Jean-Baptiste, membre du conseil d’administration de la Koperativ, secrétaire général de Mososah et spécialiste en développement, je n’ai pas perdu de proches, seulement quelques biens matériels. Alors depuis le 12 janvier, 4h57, je me suis engagé à servir. J’ai contribué à l’organisation du camp de la primature, j’ai participé à la commission de gestion et distribution de l’eau, etc. » Dans le même temps, la réflexion du petit groupe se structure et vient s’enrichir de celle d’autres participants, urbanistes, géographes, architectes ou tout simplement pères et mères de famille… « C’est ainsi qu’est né Mososah, résume Joël Jean-Baptiste. Parce que nous avons réalisé que les camps n’étaient pas un phénomène provisoire, que la situation du logement allait se trouver aggravée pour longtemps et que l’Etat n’avait aucun plan pour l’améliorer durablement. »
Le 30 décembre 2010 est donc fondé le Mouvement de Solidarité avec les Sans-Abri d’Haïti, autour d’un manifeste pour un véritable plan de logement à développer dans les 15 ans à venir. Les réflexions menées au sein de l’association et les rencontres avec des experts concluent que 800 000 logements supplémentaires sont nécessaires à l’horizon 2025 pour  héberger dignement l’ensemble de la population haïtienne et faire face à la croissance démographique. Ces logements devraient idéalement être répartis sur tout le territoire national, via la création de 400 villages, dans des sites protégés de tout risque environnemental et selon des normes de construction rigoureuses. Bien-sûr, Mososah ne sera pas le maître d’ouvrage du projet. « Notre premier objectif est de sensibiliser le gouvernement et la population, résume Joël Jean-Baptiste. Ensuite, c’est à l’Etat de se saisir de ce plan.»
Dans un second temps, les membres de Mososah réfléchissent à la mise en place d’outils concrets pour progresser vers leur objectif. C’est alors qu’émerge l’idée de coopératives d’épargne et de logement, dont la première née sera donc celle de Jacmel, enregistrée officiellement auprès des services de l’Etat le 30 août 2011. Encadrées par la loi, ces structures économiques sont actives dans de nombreux secteurs de la société : accès à la scolarisation, entreprenariat, agriculture, etc.

Koperativ Lojman Sidès s’adresse, elle, aux épargnants qui ont un projet de construction en vue, quelle que soit la dimension de leur projet. « Mais beaucoup de nos premiers adhérents ont déjà leur propre maison, explique Jacques Jean-Pierre, président du comité de surveillance et directeur dans le secteur des médias. Ils ont simplement décidé de nous confier leur épargne afin d’aider les autres. Nous devons nous associer pour que chaque homme et chaque femme puisse vivre de manière digne. » Dans tous les cas, les projets de construction devront être validés par des experts de Mososah, tant pour la sécurité du terrain choisi que pour la qualité du bâti. « Nous ne laisserons ps construire n’importe quelle maison, insiste Jacques Jean-Pierre. Chacun doit pouvoir construire sa maison, quels que soient ses moyens mais dans le respect des normes parasismiques et paracycloniques. » Par ailleurs, les prêts consentis pas la coopérative concerneront également le financement de l’installation de professionnels dans les villages ou les quartiers qui seront construits à partir de cette épargne, selon le plan de Mososah.

La coopérative est ouverte à tous les épargnants en mesure de s’acquitter de frais d’inscription de 100 gourdes et d’une part sociale de 500 gourdes. Chaque sociétaire fixe ensuite le rythme de son épargne en fonction de ses revenus et de son projet. Il ne s’agit donc pas de réaliser des miracles. « Nous prêterons à ceux qui peuvent rembourser, résume simplement Ronald Joseph, le directeur général bénévole de la Koperativ Lojman Sidès. » Pour les plus pauvres, il reviendra à l’Etat de s’engager, des ONG ou des organisations internationales en feront de même. Des partenariats seraient d’ailleurs déjà à l’étude, même si la CEL-CPME ne souhaite pas encore divulguer ses contacts.

Mososah n’oublie pas non plus que les habitants des camps n’auront pas accès aux services de la coopérative. Pour l’heure, le mouvement s’engage déjà à relayer leur parole et révéler leurs conditions de vie. « Chaque jour, on raye des noms, explique Joël Jean-Baptiste. On nous explique que le nombre d’habitants dans les camps diminue, mais où vont-ils ? » Avec les quelques milliers de gourdes qui leur sont donnés en échange de leur départ, quand ils ne sont pas expulsés manu militari, quel toit peuvent-ils poser sur les têtes des membres leur famille ? A l’occasion du lancement de la Koperativ, Mososah avait donc également convié Ruben Calixte, qui, après avoir quitté la place de Jacmel pour le camp Pinchinat se trouve désormais exilé dans celui de Baudouin, à la périphérie de la ville. Ce contremaître, qui a perdu son fils aîné dans le séisme, peine depuis à retrouver un emploi. Ses diplômes ont disparu avec son logement, et l’entreprise qui l’employait a quitté la région… Il désespère de trouver de l’aide auprès de l’Etat. « Pour moi, l’Etat n’existe même pas, puisqu’il ne nous reconnaît pas en tant que citoyens, a-t-il résumé tristement. Il nous maltraite en nous proposant 10 000 gourdes pour nous faire partir et ce faisant il en profite pour détourner des fonds. » Pour Ruben Calixte, seul un emploi ou le développement des activités de la coopérative envers les plus pauvres permettra de trouver des solutions adaptées à ceux qui vivent encore sous des bâches.

Pour l’heure, Mososah et Koperativ Lojman Sidès vont continuer à diffuser leur message. Une soixantaine de sociétaires auraient déjà rejoint les rangs de cette banque communautaire. Seuls deux représentants politiques avaient répondu à l’invitation le 4 décembre dernier : Lucien Daniel (section communale Michineau de la commune de Cayes-Jacmel) et Alexandre Appolon (section communale Ternier, délégué par la mairie de La Vallée de Jacmel). Aucune des ONG et organisations internationales oeuvrant dans la région et dûment conviées n’avait fait le déplacement. Pourtant, les représentants de deux autres institutions de crédit jacméliennes, les caisses Espoir et Succès, reconnues de longue date pour la qualité de leur travail, ont très vivement encouragé l’initiative de Mososah. « Koperativ Lojman Sidès répond à un besoin fort, a salué Hébert Lahatte ancien président et fondateur de la caisse Succès. Il vous faudra du courage, de la rigueur et les débuts seront difficiles, mais je suis sur et certain que vous êtes sur la voie de la réussite. »

Lucien Déraillot

(article publié le dans Le Nouvelliste des lundi 12 et mardi 13 décembre 2011)