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Mososah présente l’Observatoire haïtien du logement

Joël Jean-Baptiste, secrétaire général de Mososah vous explique pourquoi nous jugeons nécessaire la création d’un observatoire indépendant du logement en Haïti.

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Mososah needs your help to fund the Haiti housing watch

Slum development, multiplication of temporary shelters, persistence of IDP camps but also owners who can not find the means to rebuild their homes in Haiti, despite the billions pledged by international aid, access to decent housing remains a dream for the majority of families.

To contribute to the development of coherent strategies and practical solutions Mososah aims to create an housing Haitian observatory . This is not  a new humanitarian action, but investigative work and innovative analysis that will be critical to the overall problem, will help develop local expertise and will put the Haitian citizen inside the debate that takes place most often only between major donors and international organizations.

Thus, the housing observatory that we are asking you to support has set specific objectives :

– collect, process and publish information on the theme of housing in Haiti through a network of journalists and editors. Observe what is good and less good, collect the testimonies of Haitians, identify all ongoing projects and their caracteristics…

– prepare an annual report on the issue of housing centered on the priorities documented throughout the year and offer recommendations. This paper will analyze the challenges and success factors, to assess progress, to report failures, describing broad trends and draw attention to emergencies.

– eventually build a network of organizations and stakeholders involved  the housing sector and willing to share and publicize both their local difficulties and the solutions they implement.

To contribute you can donate via Paypal

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If you are interested in making cash donations, please call Stephanie Moraille at 678-557-3500 and she will set up an arrangement to either pick it up or have you deposit it. The Morfiss foundation is our partner both in the US and in Haiti and they serve as our fiscal agent to receive donations here. Therefore you can make a donation to Mososah through MorFiss and your donation will still be tax deductible. You can also mail your checks payable to Morfiss to 2103 Millgate lane buford ga 30519. Please specify your name, address, email adress and telephone number so that we may acknowledge the donation once received and we will update the online donating system.

Mososah a besoin de votre aide pour lancer l’Observatoire haïtien du logement

Développement des bidonvilles, multiplication des abris temporaires, persistance des camps de déplacés mais aussi propriétaires qui ne trouvent pas les moyens de reconstruire leur maison, en Haïti, malgré les milliards promis par l’aide internationale, accéder à un habitat décent reste un rêve pour la majorité des familles.

Pour contribuer à l’élaboration de stratégies cohérentes et de solutions concrètes, Mososah souhaite créer un Observatoire haïtien du logement. Il ne s’agit pas là d’une nouvelle action humanitaire, mais d’un travail d’investigation et d’analyse innovant qui permettra de porter un regard critique sur l’ensemble de la problématique, de développer notre expertise locale et de contribuer à faire exister le citoyen haïtien dans un débat qui se déroule le plus souvent entre les grands bailleurs de fonds et les organisations internationales.

Ainsi, l’Observatoire haïtien du logement que nous vous demandons ici de soutenir s’est fixé pour objectifs spécifiques de :
– collecter, traiter et publier l’information autour de la thématique du logement en Haïti via un réseau de journalistes et de rédacteurs. Observer ce qui se fait de bon et de moins bon, recueillir les témoignages des Haïtiens, recenser tous les projets en cours…
– élaborer un rapport annuel sur la thématique du logement centré sur les priorités documentées tout au long de l’année et proposer des recommandations. Ce document permettra d’analyser les difficultés rencontrées et les facteurs de succès, d’évaluer les progrès, de signaler les échecs, de décrire les grandes tendances et d’attirer l’attention sur les urgences.
– construire à terme un réseau d’organisations et d’acteurs intéressés par la problématique du logement et désireux de faire remonter et médiatiser tant leurs difficultés locales que les solutions qu’ils mettent en place.

Pour soutenir notre projet, vous pouvez faire un don :

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Three years after

Three years have passed since the devastating earthquake at 4:53 pm on January 12, 2010 when hundreds of thousands died and some 200,000 houses were destroyed. A country was reduced to its knees, its political, administrative and economic center in ruins and millions of people living in the streets, in tents, in public squares and in back-yards.

Today MOSOSAH remembers all those who perished under the rubble of their houses and offices, those who did not get the proper burial they deserved and those who were officially forgotten. We do not forget either all the families still living in makeshift huts and those who went to swell the population of the shanty-towns where 80% of Port-au-Prince lives.

MOSOSAH stresses the urgent need for a serious housing policy in Haiti, the publication of the national construction regulations the government has been considering for the past few years and the organization of a national housing conference involving all interested parties in the private and public sectors.

The tragedy brought an outpouring of life-saving international aid, including tents, temporary shelters, water, food, and medical care. Haiti became a huge focus of humanitarian relief with most of the world’s international NGOs present. But most reports and articles about the results of this aid say the money has been poorly used and little long-term development progress made.

Many of these NGOs have now packed their bags, after spending too much time and money on just emergency aid. The cost of living in the capital has risen to the level of major Western cities, but without public services and infrastructure. So many conferences, projects and promises have come to nothing. Little trace can be seen of the $10 billion in aid pledged by the international community, which has been absorbed by administrative costs imposed or is still lying unused in international organizations bank accounts. Moreover, we have to deal with cholera spread by one of the contingents of the United Nations forces in the country, MINUSTAH.

We must now take control of our future. Each neighborhood, community, city, province, everyone using their abilities to the full, must regain the true spirit of solidarity seen in the first days and months after the earthquake. We have so many skills of all kinds and with determination and unity we can use them to the very best effect. These skills must not be lost through emigration, we can use them here to produce long-term development. This would be the best way to honor those who have died and who we so badly miss.

Sauvés pour servir, Ansan’m nap konstwi yon lòt Ayiti

Haïti, trois ans après

Trois années ont passé, depuis ce fameux 12 janvier 4h53… Des centaines de milliers de morts. Près de 200 000 foyers détruits. Un pays à genoux avec sa capitale politique, son centre administratif et économique durablement bouleversé, des millions de gens dans les rues, sous les tentes, dans des abris de fortune, sur les places publiques, dans les arrière-cours…

En ce jour de commémoration, Mososah n’oublie aucun de ceux qui ont péri sous les décombres de leurs maisons ou de leurs bureaux, ceux qui n’ont pas eu la sépulture qu’ils méritaient et ceux dont les noms ne sont même gravés nulle part, en souvenir. Nous n’oublions pas non plus les centaines de milliers de familles qui vivent toujours dans des abris de fortune ou sont allées grossir la population des bidonvilles qui représenterait près de 80 % de la population de Port-au-Prince.

Mososah tient à rappeler l’urgence pour Haïti de mettre en œuvre une véritable politique nationale du Logement. Nous demandons également que le Code de la construction, en chantier depuis des années, soit enfin publié, et qu’une conférence nationale sur le Logement soit organisée avec tous les acteurs haïtiens du secteur.

Car, que s’est-il passé depuis ce 12 janvier 2010 ? L’assistance humanitaire a afflué de partout offrant soins, tentes, eau, nourriture, shelters et permettant de sauver de nombreuses vies. Haïti est devenu le centre mondial de l’humanitaire et a battu largement le record d’ONG au mètre carré. Mais les rapports et articles publiés sur l’utilisation et l’efficacité de cette aide globale sont tous plus accablants les uns que les autres. Le pays ne s’est toujours pas relevé.

Désormais, une grande partie des ONG sont parties, après avoir investi trop longtemps dans les programmes d’urgence. Le coût de la vie dans la capitale atteint celui des métropoles occidentales alors qu’aucun service public n’y est assuré. Tant de conférences, projets, promesses, engagements ont été brandis qui sont restés lettre morte. Sur le terrain, peu de traces des 10 milliards de dollars initialement promis par la communauté internationale, qu’ils dorment sur des comptes en banques ou aient été absorbés par les frais liés à l’omniprésence des organisations internationales. Il nous faut même désormais faire avec les conséquences d’une maladie importée par l’un des contingents de la Minustah, le choléra.

Il est plus que temps que notre population reprenne en main son destin. Dans chaque quartier, chaque communauté, chaque ville, chaque département, chacun à notre niveau, il est urgent de retrouver cet esprit de solidarité qui a tant fait dans les jours qui ont suivi le tremblement de terre du 12 janvier 2010. Des compétences sont présentes dans le pays, des volontés aussi, ne les laissons pas fuir vers l’étranger, mettons-les au service de notre développement. Comme un hommage à ceux qui nous manquent si cruellement.

Sauvés pour servir, Ansan’m nap konstwi yon lòt Ayiti

Bienvenue sur le blog de Mososah, le mouvement de solidarité avec les sans-abri d’Haïti

Mososah réunit des individus, citoyens haïtiens ou amis d’Haïti, émanant de tous les secteurs de la société civile, de tous les milieux sociaux, pour certains urbanistes, ingénieurs, architectes, pour d’autres sans aucun rapport avec les métiers du bâtiment. Pour quelques-uns propriétaires d’un domicile, pour d’autres, sans-abri ou mal logés. A travers Mososah, rassemblement libre de toute affiliation politique, nous avons souhaité réfléchir ensemble aux moyens qui pourraient nous permettre de bâtir une nouvelle Haïti, dès le lendemain du séisme.

Tous nous pensons que les grandes crises offrent de grandes opportunités pour se ressaisir, à condition d’être capable de se dépasser et de voir grand.

Notre constat

Mososah est né d’un constat : ce ne sont pas les catastrophes naturelles qui tuent le plus, mais les conditions de vie dans les zones à risques. Mauvaises conditions de logement, surpopulation, absence de règlements d’urbanisme adaptés, non-respect des normes minimales existantes, mal bâti généralisé, sont à l’origine du nombre considérable de décès et de blessés imputés au tremblement de terre du 12 janvier 2010. Auparavant, le déficit de logements était estimé à plus de 200 000. Le séisme en a détruit autant. Il faudrait donc à ce jour 400 000 logements supplémentaires, répartis sur le territoire, pour abriter dignement la population haïtienne.

Un plan pour les 15 ans à venir

Aussi, nous préconisons la construction – ou réhabilitation – d’environ 400 villages  modernes, intégrés, de 2000 familles chacun, avec tous les équipements nécessaires (écoles, centres de santé, marché, cimetière, gare routière, lieux de culte, etc.) dans des lieux jugés sans risque pour l’homme et pour l’environnement et capables de nourrir cette population.

Un tel plan permettrait de compenser les déficits actuels et de faire face à l’accroissement continuel d’une populationqui, selon les projections de l’Institut haïtien de statistique et d’informatique, dépassera 12 millions à l’horizon 2025.

Ces villages seraient viabilisés, fonctionnels, agréables, adaptés à nos modes de vie, répondant aux normes d’hygiène, de sécurité, de respect de l’environnement, économiques,  etc. Leur population recouperait les différentes classes sociales. Les familles qui ne possèdent rien recevraient, à titre conditionnel, en signe de réhabilitation et d’intégration comme citoyen-acteur économique, un emplacement avec de quoi démarrer la construction. On pourrait également réserver 500 emplacements pour les familles des victimes du 12 janvier. Le reste serait dédié au logement des cadres, aux familles pouvant financer leur construction, aux promoteurs immobiliers ou à l’Etat, pour la mise en œuvre d’une réelle politique du logement.

Pour chaque village, un plan d’accompagnement économique, avec à la clé la création de nombreux emplois permettra de répondre au besoin d’activité des habitants et d’éviter qu’ils repartent vers des lieux de résidence  inadaptés.

Un observatoire du logement

Pour suivre l’évolution de la construction en Haïti, nous mettrons en place un observatoire du logement qui tiendra informés la population en général, la presse, les décideurs publics, la communauté internationale, le secteur privé sur les besoins, les avancées, les projets de logement publics, l’évolution de la cartographie de l’habitat, les  changements de cadre de vie, les réalisations des  organisations internationales, les changements de cadre de vie, l’évolution des savoir-faire, les techniques, les matériaux utilisés en Haïti, etc

Des coopératives d’épargne et de logement

Parce que le développement d’Haïti ne peut se fonder exclusivement sur la charité et l’aide internationale, nous recommandons aussi la formation de coopératives de logement pour les cadres du secteur privé, les actifs et les fonctionnaires. Ces structures économiques, prévues par la loi haïtienne, permettent à leurs adhérents de mettre en commun leur épargne pour obtenir – notamment – des emprunts à taux avantageux.

Relayer les conditions de vie des sinistrés

Au lendemain du séisme nous avons tenté de soutenir ceux d’entre nous qui étaient relégués dans des camps de fortune. A ce jour, la situation d’un grand nombre d’entre eux ne s’est pas arrangée et nous souhaitons leur permettre d’exprimer leurs difficultés à travers des reportages radio et webdiffusés.

Nous devons réfléchir plus ensemble pour nous accorder sur les détails d’un tel plan. Mososah a besoin de l’expertise de chacun d’entre vous et de votre soutien pour convaincre la population haïtienne dans son ensemble, les pouvoirs publics et la communauté internationale, que c’est la voie de sortie de crise la plus sûre.