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Le manifeste de MOSOSAH

Depuis le 12 janvier 2010, la population haïtienne dans son ensemble est plongée dans une longue nuit, une descente aux enfers, faite de douleurs, de désespoirs et d’inquiétudes. La presse nationale et internationale en a grandement témoigné.
La seule lueur d’espoir réside dans la solidarité que vous avez montré les uns envers les autres sur le terrain et dans l’amitié et la générosité des amis de la diaspora et de l’international.
Cela a permis à certains d’entre nous de rester en vie et de garder l’espoir qui nous commande aujourd’hui de nous regrouper au sein de l’association Mouvement de Solidarité avec les Sans-abri d’Haïti (MOSOSAH) afin de mieux réfléchir sur l’avenir d’Haïti à moyen et long terme et de participer à la nouvelle construction du pays.
Nous ne voulons pas léguer aux générations futures l’héritage de ces moments de désespoir qui  nous ont tenus aux abois et dans des convulsions où les affres des défis vont toujours  croissant. Aussi pensons-nous fortement qu’il est temps de repenser Haïti autrement après le séisme de 2010. Il est grand temps de rendre possible ce qui nous paraissait jusqu’alors impossible.

Un séisme particulièrement meurtrier
Nous croyons que les grandes crises offrent toujours de grandes opportunités pour se ressaisir, à condition d’être capable de se dépasser, de voir grand et plus grand encore.
A la lumière des études sur les séismes qui ont déjà frappé Haïti, sur ceux qui ont frappé douloureusement d’autres parties du monde, d’autres peuples et plus récemment  celui qui a meurtri le Japon, nous concluons que ce sont les mauvaises conditions de logement, l’absence de règlements d’urbanisme adaptés, le non-respect des règles minimales adoptées, le mal bâti généralisé qui sont à l’origine du nombre considérable de décès et de blessés consécutifs au tremblement de terre du 12 janvier 2010. Ce ne sont pas les catastrophes naturelles qui tuent le plus, mais les conditions de vie réservées aux populations dans les proximités des zones à risques.

Le séisme du 12 janvier, d’une magnitude de 7.3 sur l’échelle de Richter, non suivi de tsunami aurait fait officiellement 320 000 morts. En comparaison, le tremblement de terre du 11 mars 2011 au Japon, d’une magnitude de 9.0 sur la même échelle, suivi d’un tsunami avec une vague de plus de 10 mètres de haut, a provoqué de 25 000 à 30 000 morts et disparus, c’est-à-dire,  11 à 13 fois moins de victimes. Quant au Chili, secoué à son tour un mois après Haïti, un séisme de magnitude 8.8 faisait, là, “seulement” 555 morts.

D’un habitat rural dispersé vers  des cités saturées
En ce sens nous avons analysé les causes qui ont conduit à ces mauvaises conditions de logement. De prime abord il y a la question historique. La seule possibilité d’échapper vivant à l’esclavage avant la guerre d’Indépendance, restait le marronnage dans les mornes abrupts, avec pour conséquence un habitat dispersé. Par la suite l’Etat national prit le relais de l’Etat colonial mais les paysans hésitèrent à entrer totalement dans l’Etat-nation. L’habitat dispersé a subsisté comme un paravent protecteur.
Désormais, l’attrait de la modernité, l’électricité, l’eau courante, l’éducation classique, la formation, les métiers, le salariat, une autre vie sociale etc., exercent des tentations que l’habitat dispersé dans les mornes ne peut satisfaire. La vie en ville, du point de vue de nos paysans, est désormais de loin meilleure que celle de la campagne. D’où l’émigration en masse. Dans le schéma classique, on descend vers la ville la plus proche, puis on gagne la capitale régionale, puis la capitale nationale et cela déborde sur l’étranger (forte diaspora, boat-people, flying-people, deuxième, troisième génération etc.)
Par ailleurs, nos villes dans leur majorité datent de l’époque coloniale. Elles sont côtières, tournées vers l’ancienne métropole et l’extérieur, et donc potentiellement exposées aux tsunamis. Leur tracé, pour la plupart, date de cette époque. A titre d’exemple, Port-au-Prince, la capitale, était conçue pour héberger 400 000 personnes. Aujourd’hui c’est une mégapole de plus de 2 millions de personnes. Tous les chefs-lieux de département, le Cap-Haïtien, Gonaïves, les Cayes, Jacmel, Jérémie etc., à l’exception notoire de Fort-Liberté, excentré à l’extrême nord-est du pays, débordent de population. Deux villes, sous-capitales régionales, Saint-Marc dans le Bas-Artibonite et Ouanaminthe à la frontière nord avec la Dominicanie, participent du même mouvement.
Pour entasser tout ce monde, on a commencé par construire sur toute l’étendue des propriétés en les morcelant à l’extrême, éliminant toute voie de secours en cas d’urgence. A l’intérieur des maisons, c’est le règne des familles élargies : plusieurs générations, des cousins et même des familles amies vivent sous le même toit. Les besoins se faisant toujours sentir, on a rajouté des étages aux maisons. Face aux cyclones qui, contrairement aux séismes, sont annuels, et à la pénurie de bois de construction, le béton devînt un mode de construction généralisé. Et pour ceux qui n’ont pas trouvé place dans ce schéma, faute de moyens la plupart du temps, ils viennent grossir les bidonvilles dans des zones très fragiles du point de vue environnemental, et dangereuses humainement et socialement.
Les crises politiques successives ont empêché la construction d’un état moderne capable de défendre les intérêts à long terme de la nation. D’où l’absence de véritable plan d’aménagement du territoire et de réels règlements d’urbanisme. Pour la plupart ces crises ont comme origine la volonté de certains groupes de contrôler l’économie du pays et de se réserver le bénéfice exclusif de rentes lucratives. De fait ces ambitions ont aussi empêché le développement d’une économie moderne, compétitive, intégrée internationalement et capable de satisfaire les besoins et aspirations de la population. Comme cette population est de plus en plus pauvre, vivant dans sa majorité avec moins de 1 dollar américain par jour, elle non plus, coincée en ville, n’a pas les moyens de construire suivant les normes et les règles de sécurité.

Les ONG s’engouffrent dans l’espace laissé vacant par l’Etat haïtien
En juin 2010, officiellement, nous étions plus de deux millions sous les tentes dans les camps. Et d’après certaines estimations, presque autant, dans les quartiers, dans les cours, chez les amis, etc. Grâce à la solidarité internationale, il n’y a pas eu de grande famine ou de grande épidémie. La plupart des sinistrés ont reçu dans un premier temps de l’eau potable, des bâches en plastique, puis des tentes et de la nourriture. On initia  le « cash for work »  qui permit à quelques familles d’avoir un semblant de revenu.
Officiellement, selon les statistiques, l’épidémie de choléra a fait près de 5 000 victimes. Pour l’heure elle semble avoir été contenue, malgré quelques poussées locales, et cela encore grâce à la solidarité internationale.
Plus récemment, on commença à construire de façon timide des abris semi-temporaires. Tout cela fut principalement le travail d’une multitude d’ONG et des organisations internationales, qui investirent le pays et occupèrent l’espace laissé vacant par l’Etat, qui n’a su ni donner un cadre à la coopération, ni au moins coordonner l’aide.
On pourra reprocher beaucoup à ces organisations : l’inexpérience de certaines, la jeunesse de la majorité de leurs cadres, leur idée fixe sécuritaire, leur méconnaissance de la réalité haïtienne, un train de vie sans aucune mesure avec la réalité haïtienne, surtout en ce qui concerne les OI (organisations
Internationales) et quelques grosses ONG. Si nous n’oublions pas qu’elles ont eu le grand mérite d’être là dans l’urgence qui prévalait et de supporter les victimes, leur présence en nombre pèse aujourd’hui lourdement sur notre économie : déstructuration à long terme du marché du travail via des rémunérations sans commune mesure avec les salaires haïtiens, pression à la hausse sur les loyers et les prix, concurrence déloyale qu’elles opposent aux acteurs locaux… Enfin leur action manque parfois cruellement de supervision avec pour conséquence : non-intégration des programmes dans un plan global de sortie de crise, caractère micro, isolé et non pérenne des interventions, nombreuses duplications de projets, etc…

L’impuissance et l’incurie de l’Etat
L’Etat, à l’image de notre chef de l’Etat, a eu l’attitude d’un spectateur. Rien n’était prévu, aucun plan, aucun stock. Il a mis du temps à entrer en action et son attention principale s’est focalisée sur l’aide internationale. Les mesures jusqu’ici envisagées, le réaménagement du Centre-ville de Port-au-Prince, quelques logements au Bel-Air, ressemblent plus à du populisme éhonté face à l’ampleur de la détresse des familles.
A propos de l’aide internationale, des milliards ont été promis, des contrats ont été signés, des réunions ont lieu par-ci par-là, mais jusqu’à présent rien n’est visible sur le terrain. Même le déblaiement de la capitale n’a pas véritablement commencé.  L’Etat peut encore  inviter des sociétés spécialisées dans le domaine du recyclage et de la valorisation des déblais.
Nous avons grand peur qu’ils envisagent de reconstruire, au mieux, à l’identique. L’Etat haïtien et certaines organisations internationales s’enorgueillissent du fait que les places publiques sont progressivement libérées. Mais pour y parvenir, on supprime toute forme d’assistance, même les services de base, tels la livraison d’eau potable, la gestion des toilettes, la surveillance sanitaire, malgré les risques, surtout à l’approche de la nouvelle saison pluvieuse, on harcèle et en fin de compte on profite de la détresse des familles pour négocier leur départ à bas « prix ». Il y a le cas de ces familles qui ont pris refuge sur des terrains privés. A Port-au-Prince, leur population est estimée entre 30 000 et 
50 000 personnes. Elles sont expulsées ou menacées de l’être constamment.
En dehors de toute polémique sur les chiffres, nous pensons que la première responsabilité des pouvoirs publics n’est pas de libérer les places publiques, mais de s’assurer que toutes les mesures sont prises pour que toutes les familles haïtiennes aient un logement décent, sécuritaire et adéquat. Avant le tremblement de terre, le déficit de logement en Haïti, sans compter les bidonvilles et l’habitat misérable de la campagne, était estimé à plus de 200 000. On estime que le séisme en a détruit autant. La migration interne est toujours très forte ainsi que la croissance de la population. Jusqu’ici on n’a pas entendu parler de plan de logement faisant face à cette forte augmentation des besoins. Où vont-ils se loger ceux qui ont quitté les places publiques ?
La population semble vraiment livrée à elle-même.

Des exemples à suivre ?
Corail-Cesselesse, une zone déclarée d’utilité publique à la sortie nord de Port-au-Prince afin de reloger les sinistrés, a été dans un premier temps envahi par toutes sortes de gens venus de partout. L’Etat, appuyé par les ONG et les OI, a eu du mal à faire venir les sinistrés du Centre-ville de Port-au-Prince. Seul un pourcentage de la population réfugiée sur le terrain de golf de Pétion-Ville a pu bénéficier d’abris temporaires. Aujourd’hui la zone est divisée en 4 parties.
La zone modèle appelée Corail compte 6 sous-secteurs et abrite une population d’environ 30 000 personnes. Les rues sont bien tracées, les maisons alignées, les toilettes et les douches entretenues et l’approvisionnement en eau régulier. Jusqu’ici. Face aux souffrances dues au tremblement de terre et aussi aux intempéries de l’année dernière, les familles apprécient ces maisonnettes de 12 à 15 mètres carrés, en tôle épaisse, aux murs en contreplaqué, à l’ossature en bois 2×4, au sol en béton, dans le désert, loin de la ville, comme des  aubaines. Et courageusement ils tentent de reconstruire leur vie. Ils plantent des légumes, des arbres, du maïs, aménagent la petite galerie en boutique, etc. Le poste de police géré conjointement par la Police Nationale d’Haïti et la UNPOL, à part quelques rares incidents graves, ne recense que des conflits conjugaux, surtout ayant trait aux droits sur la maisonnette.
A côté de Corail, on recense les camps dénommés Canaan et Jérusalem par leurs résidents. Ils tiennent pourtant plus du Far West que de la Terre Sainte. La majorité des résidents ne viennent pas des camps. En bandes ou en armes, on a accaparé des terres, on vend, on afferme, on construit en dur sans aucune norme. De gros capitaux sont investis. On a même foré des puits artésiens. C’est le début de « l’hyperbidonvillisation ». Les ONG ne sont pas les bienvenues. Population estimée fin mars 2011, entre 
40 000 et 60 000 personnes.
Un peu plus loin, directement sous les contreforts de la montagne, à côté d’un projet moderne de lotissement de l’Office National d’Assurances Retraites (ONA), on recense le Camp dit ONA. Les sinistrés rechignent à s’y installer car ses maisons sont réputées suffocantes de chaleur. Population estimée, fin mars : 30 000 personnes.
Même à Corail et ONA, quand la gestion sera devenue entièrement autonome, combien de temps ces familles nombreuses de 5 personnes en moyenne, sans possibilité d’emploi autre que le petit commerce de détail, pourront-elles tenir dans ces maisonnettes de 12 à 15 mètres carrés, sans toilettes, sans douche familiale, sans canal d’évacuation des eaux usées et des eaux de pluie, sans eau courante ni électricité, sans équipements et encadrements sociaux ?
Il est donc plus que temps de penser au logement définitif. D’autant que la menace est plus que jamais présente.

Haïti étant situé sur deux plaques tectoniques, la probabilité de tremblements de terre suivis de tsunamis est très grande. Il y en a eu dans le passé en Haïti, notamment celui de 1842 qui décima la population du Cap-Haïtien. Le tremblement de terre du 12 janvier a en fait révélé l’existence d’une nouvelle faille. La faille Enriquillo menace toujours la partie sud d’Haïti et la zone métropolitaine encore densément peuplée (environ 15 000 h/km²). Les instituts spécialisés de la région signalent que la faille septentrionale, qui traverse tout le nord du pays jusqu’à la ville de Santiago en République Dominicaine, est en activité. On se doit d’être inquiet et de souhaiter au plus vite un changement de modèle dans l’occupation de l’espace haïtien par la population.

Le logement, priorité numéro 1
A MOSOSAH, en attendant que l’Etat haïtien se réveille, nous pensons que la société civile doit mieux s’organiser, afin d’apporter de façon efficace sa contribution à la nouvelle construction nationale. Nous ne pouvons plus ignorer les besoins fondamentaux de ces centaines de milliers de familles sans-abri et nous devons tenir compte de toutes les contraintes qui pèsent sur la population. La sécurité nationale jusqu’à la survie de la nation en dépend.
L’accès au logement doit être, à l’heure actuelle, la priorité numéro 1. Le logement est aussi un axe transversal qui peut non seulement résoudre un problème social crucial mais également contribuer à :

  1. Relancer l’économie
  2. Créer des dizaines de milliers d’emplois
  3. Relever sérieusement le niveau de sécurité du pays
  4. Améliorer considérablement les conditions sanitaires de la population
  5. Améliorer la qualité de l’éducation
  6. Participer à une meilleure gouvernance du pays
  7. Favoriser l’insertion sociale
  8. Favoriser une politique de justice et de réconciliation sociale
  9. Améliorer l’urbanisme existant
  10. Renforcer les pratiques démocratiques, etc.

Un plan pour les 15 ans à venir
Nous préconisons la construction à travers tout le pays d’environ 400 villages modernes, intégrés, de 2000 familles chacun, avec tous les équipements nécessaires (écoles, centres de santé, marché, cimetière, gare routière, lieux de culte, place publique, centre commercial, aires de sport et de récréation, etc.) dans des lieux jugés sans risque pour l’homme et pour l’environnement et capables de nourrir cette population. Avec un objectif de 800 000 logements, nous pourrons compenser les déficits actuels, soit environ 400 000 logements et faire face à l’accroissement d’une population qui, selon les projections de l’Institut haïtien de statistique et d’informatique, tournera autour de 12 557 000 habitants à l’horizon 2025.
Nous n’excluons pas l’aménagement de villages ou de lieu- dits déjà existants, ni le réaménagement de certains quartiers des villes. Mais auparavant il faut réorganiser l’espace, décongestionner, élargir les voies d’accès, créer de véritables trottoirs, diminuer l’emprise des bâtis sur le sol, créer des espaces verts, prévoir des lieux de recréation, de détente et de sport, prévoir pour chaque maison ou immeuble une voie d’urgence accessible aux pompiers, ambulances et autres secours en cas de catastrophe, etc.
Un programme d’envergure pour le logement, bien pensé, bien planifié, avec des appels d’offres pour les services et l’approvisionnement, l’utilisation de matériaux locaux, la formation des bénéficiaires, peut diminuer de moitié le prix du mètre carré.
Ces villages seront viabilisés, fonctionnels, propres, agréables, adaptés à nos modes de vie, répondant aux normes d’hygiène, de sécurité, de respect de l’environnement, économiques  etc. Les familles qui ne possèdent rien recevront, à titre conditionnel, en signe de réhabilitation et d’intégration comme citoyen-acteur économique, un emplacement avec un plan de construction et de quoi démarrer la construction. Dans ces villages, on peut réserver un maximum de 500 emplacements pour les familles des victimes du 12 janvier. Ces maisons seront réalisées en auto-construction encadrée.
Ainsi il sera possible de reloger décemment et intégrer socialement et économiquement 
200 000 familles, soit environ 1 million de personnes.
Pour chaque village, selon le profil de ses habitants, selon les potentialités de son environnement, un plan d’accompagnement sera créé avec notamment un plan économique, et à la clé la création de nombreux emplois afin de répondre aux besoins d’activité des habitants et d’éviter qu’ils soient obligés de retourner dans leurs anciens lieux de résidence  inadaptés.
Les 600 000 emplacements résidentiels restants serviront au logement des cadres du pays, des familles qui auront les moyens, des nouveaux couples, des nouveaux migrants, des jeunes professionnels, de la diaspora, aux promoteurs immobiliers, etc. Nous préconisons également la formation de coopératives de logement pour les cadres du secteur privé, les professionnels et les fonctionnaires de l’Etat.
Nous devons réfléchir plus ensemble pour nous accorder sur le détail du comment préparer un tel plan. Quelles sont les expertises nécessaires ? Comment le financer ? Et prévoir un calendrier.
Mososah a encore besoin de l’expertise de chacun d’entre vous pour mener à bien cette noble mission. Nous avons besoin de votre appui afin de convaincre la population haïtienne dans son ensemble, les pouvoirs publics et la communauté internationale, que c’est la voie de sortie de crise la plus sûre.
Le Mouvement a besoin de votre participation, de votre support afin de changer, pour de bon, le cours et de renouer avec la grande, belle et noble Histoire d’Haïti.
Rejoignez-nous !
Tous ensemble nous pourrons y parvenir